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Certaines publications scientifiques, pour certaines médiatisées à grand renfort d’alarmisme devenu une habitude, ont jeté le trouble et, paradoxe, l’angoisse, sur cette famille de médicaments.

« Prends un Lexo », devant une angoisse, est devenu une parole populaire, s’inscrit aujourd’hui dans le langage banalisé.

Cette « démocratisation » cache, comme souvent en fait, une méconnaissance de la réalité de ces thérapeutiques qui, comme toujours ne sont en rien banales. Plus exactement, ces médicaments d’apparence anodine méritent qu’on s’y attarde pour ne pas faire de ces faux anges, de véritables démons à l’usage banalisé et erroné.

Pour une bonne compréhension, nous définiront cette classe médicamenteuse, comme celle des médicaments qui agissent sur l’anxiété pathologique, c’est-à-dire l’angoisse.

Déjà à ce stade de l’article, il est nécessaire de distinguer l’anxiété aiguë de l’anxiété chronique. Nous verrons que les traitements efficaces, selon ce caractère de durée évolutive, sont de natures profondément différentes.

S’il existe en effet plusieurs classes thérapeutiques ayant un pouvoir anxiolytique, il est fréquent de ne parler, de façon triviale, que des médicaments qui agissent dans « l’urgence » anxieuse, l’anxiété aiguë, voire suraigüe.

Le « Lexo » fait partie de ces traitements « d’urgence », et en particulier de la plus connue des classes d’Anxiolytiques : Les Benzodiazépines.

Mais pour faire partie de cette catégorie de traitements, ceux-ci doivent valider certains critères communs d’efficacité.

 

Quels sont ces critères d’efficacité ?

Tout d’abord, l’amélioration de l’efficacité peut s’évaluer soit de façon globale, c’est-à-dire une diminution globale du ressenti anxieux, soit de façon spécifique au trouble anxieux concerné (tels que le TAG, les phobies, l’attaque de panique…).

Pour ce faire, le médecin dispose d’échelles d’évaluation de l’intensité mais aussi de la fréquence des récurrences anxieuses.

Par exemple, l’évaluation globale peut être effectuée grâce à l’échelle CGI (Clinical Global Improvment), ou l’échelle d’Hamilton anxiété, avec une réduction d’au moins 50% de leurs scores.

Pour l’évaluation des troubles anxieux spécifiques, de nombreuses échelles ont été créées. Citons par exemple la YBOCS pour les TOC, et l’échelle de sévérité du trouble panique (évidemment pour le trouble panique). Ces échelles d’évaluation étant d’un usage plus spécialisé et plus complexe, essentiellement dans une optique de suivi dans la durée.

 

Classes médicamenteuses

Ainsi nous évoquerons :

  • Les Benzodiazépines ;
  • Les médicaments non antidépresseurs agissant sur les récepteurs sérotoninergiques ;
  • Les Antihistaminiques ;
  • Les Antipsychotiques ;
  • Les Bêtabloquants ;
  • La Pregabaline ;
  • D’autres anxiolytiques inclassables ;
  • Les Antidépresseurs.

 

Les Benzodiazépines (BZD)

Ces molécules sont particulières en raison de leur mode action, relativement simple, puisqu’elles agissent sur un neurotransmetteur particulier, le Gaba, et qu’il existe dans le cerveau des récepteurs naturels et spécifiques.

Elles sont actives sur l’anxiété primaire, c’est-à-dire sur les troubles anxieux, mais sont également indiquées dans le traitement des troubles anxieux développés à l’occasion d’une autre affection psychiatrique. On parle alors d’anxiété secondaire.

Il est important de noter que ce type de molécule doit être au mieux utilisé dans l’aigu, l’urgence ou pour « franchir un cap » si l’on se réfère à leurs indications purement anxiolytiques.

Certaines Benzodiazépines présentent d’autres indications plus ciblées comme le sevrage alcoolique ou toxicomaniaque, certains troubles épileptiques, l’induction anesthésique ou comme décontractant musculaire.

Toutes les Benzodiazépines ont des temps d’élimination relativement longs même si on parle de BZD à « demi-vie » courte, intermédiaire ou longue ; La demi-vie représentant le temps d’élimination de la moitié de la quantité du médicament absorbé.

Toutes les BZD ne sont pas également équivalentes sur la rapidité d’action de leur efficacité anxiolytique. Evidemment plus la molécule est rapide et plus elle sera indiquée lors d’urgences anxieuses.

Il existe par ailleurs une susceptibilité individuelle qui explique les différences d’efficacité entre les personnes.

Ainsi on peut déterminer différents facteurs qui vont entrer en ligne de compte, dans la « prédiction » de l’efficacité effective de ces traitements, chez telles ou telles personnes.

On pourrait citer :

  • La forte intensité de l’anxiété ;
  • L’absence d’autres symptômes associés, en particuliers des éléments dépressifs ;
  • Une efficacité obtenue rapidement, dès la première semaine de traitement ;
  • Mais également des facteurs plus subjectifs tels qu’une relation de confiance avec son médecin, une opinion positive du médecin vis-à-vis du médicament prescrit, et l’absence de sensibilisation de la personne par la prise antérieure de BZD.

Pour schématiser, ces Benzodiazépines sont essentiellement indiquées dans le cadre de troubles anxieux aigus, pour des durées de traitement relativement courtes (théoriquement en deçà de 3 mois de traitement en continu) et impose un arrêt progressif en raison des effets secondaires et indésirables dont certains sont constants, malheureusement.

Effets secondaires

Si l’efficacité de ces Benzodiazépines n’est plus à démontrer, il existe de nombreux effets secondaires et indésirables.

Sans rentrer dans les détails de ces effets secondaires que votre médecin et votre pharmacien connaît parfaitement bien, certains justifient pleinement de considérer comme des médicaments authentiques malgré leur vulgarisation.

  • Ils sont tout d’abord source de dépendance physique et psychique, au-delà d’une prise quotidienne durant plus de 10 jours, ce qui impose un arrêt progressif. L’arrêt brutal peut être redoutable, jusqu’à provoquer des crises convulsives de sevrage.
  • Il existe une accoutumance, ce qui impose d’augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets dans la durée. Cette accoutumance, constante, est d’autant plus importante que le traitement est fortement dosé et pris de façon prolongée.
  • Il peut exister également des effets paradoxaux, sous la forme d’une accentuation paradoxale des angoisses, alors même que la molécule est anxiolytique. De fait, on peut comprendre la spirale qui peut en découdre si l’on méconnait cet effet indésirable possible.
  • Quelques rares cas de « désinhibition idiosyncrasique » avec majoration anxieuse majeure, agitation extrême et passage à l’acte « médico-légal » (meurtre, violences..) en particulier lors de l’association malheureuse avec l’alcool.
  • Enfin dernièrement, plusieurs publications ont mis en avant l’augmentation des risques de maladie dégénérative neurologique en particulier lors d’un usage très prolongé de cette classe médicamenteuse, ne voulant pas dire évidemment que les Benzodiazépines sont responsables de la maladie d’Alzheimer.

Ces médicaments devront être utilisés avec beaucoup de précautions chez les personnes âgées.

Un autre problème concerne les interactions entre les Benzodiazépines et les autres substances psychotropes tout particulièrement l’alcool et les médicaments qui partagent les mêmes effets indésirables, ce qui a pour effet habituel une potentialisation des effets néfastes.

 

Les médicaments non antidépresseurs agissant sur les récepteurs sérotoninergiques

Une classe un peu particulière, dont l’efficacité demeure plus modeste que les Benzodiazépines.

Les indications sont assez similaires, sauf dans le TAG (Trouble Anxieux Généralisé), pour lequel les BZD n’ont pas d’intérêt.

Un autre problème réside également dans des délais d’action relativement longs, entre 4 à 6 semaines minimum. Efficacité par ailleurs réduite dans les cas de prise antérieure d’autres médicaments anxiolytiques.

 

Les Antihistaminiques

Ils peuvent représenter une alternative intéressante aux Benzodiazépines, essentiellement dans les formes mineures d’anxiété aiguë.

Malheureusement les risques de somnolence initiale, ainsi que des effets secondaires possibles ophtalmologiques et urinaires rendent difficile l’usage de ces médicaments chez la personne âgée.

L’association avec l’alcool est également fortement déconseillée.

 

Les Antipsychotiques (ex Neuroleptiques)

Quelques molécules sont intéressantes dans l’urgence anxieuse en particulier avec agitation ou dans les formes suraiguës, en raison d’une activité anxiolytique et sédative rapide.

Les précautions sont inhérentes à ces effets sédatifs et impose la bonne connaissance et l’usage régulier de ces molécules, pour ne pas faire courir des risques au patient, en plus bien entendu des effets secondaires intrinsèques ces traitements.

 

Les Bêtabloquants

Essentiellement dans le cadre de l’anxiété dite sociale (trac, tics…), utilisés à faible dose et toujours dans le respect des contre-indications absolues de ce type de médicament.

 

La Pregabaline

Essentiellement utilisée dans le TAG comme alternative aux antidépresseurs.

Pas d’intérêt dans l’anxiété aiguë.

 

Les autres anxiolytiques inclassables

Inclassables, sont constitués essentiellement par la phytothérapie ou d’autres traitements « de niche » comme les manifestations cardiovasculaires de l’anxiété.

 

Les Antidépresseurs

Déjà évoqués dans le cadre des dépressions, ceux-ci n’ont d’intérêt anxiolytique que dans le cadre des troubles anxieux chroniques et en aucun cas ne sont intéressants dans l’urgence anxieuse, en raison essentiellement d’un important délai pour déterminer leur efficacité (au minimum de 4 semaines).

Ils s’opposent quasiment traits pour traits aux effets des Benzodiazépines.

 

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