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Généralités

"Docteur, j’ai tout pour être heureuse et pourtant je ne le suis pas"...

Voici l’entrée en matière classique de la consultation, d’une personne souffrant d’un trouble dépressif, médicalement appelé « Etat Dépressif Majeur (EDM) ».

La dépression est une maladie, une authentique maladie… du cerveau.

Évidemment pas le cerveau « intellectuel », moteur ou sensoriel, mais du cerveau « émotionnel ou affectif » représenté par le système Limbique.

Il ne s’agit pas d’une « faiblesse du caractère », ni d’une fragilité psychologique constitutive, mais bien d’un dysfonctionnement de certaines zones cérébrales, appartenant au système limbique.

Maladie fréquente, présente chez environ 8% de la population générale, touchant tous les âges de la vie, présente quelque soient les cultures, les zones géographiques, les catégories sociales.

 

Celle-ci présente quelques caractéristiques particulières

La femme est deux fois plus souvent atteinte que les hommes de la même tranche d’âge, quel que soient les âges étudiés : on retrouve deux pics de fréquence chez la femme, un pic vers 20 ans et un second pic vers 40 ans.

Il s’agit d’une maladie chronique, présentant la fâcheuse tendance à la récidive (85% de récidive dans les 15 ans) et ceux malgré une prise en charge adaptée du premier épisode dépressif.

 

Symptomatologie des Etats Dépressifs Majeurs 

La première contrainte pour évoquer un EDM, est celui d’une symptomatologie évoluant depuis deux semaines au minimum, de façon continue.

Ensuite, cet état dépressif doit correspondre à la rupture d’un fonctionnement psychique antérieur. « Je ne suis plus comme avant ». Les conséquences de ce changement perceptible et visible, autant par la personne souffrante que par son entourage, impliquent des altérations nettes de son fonctionnement social, professionnel, familial et dans d’autres secteurs vitaux importants.

Enfin, un deuil ne doit pas être retrouvé dans les quelques semaines précédant la dégradation de la personne.

Les symptômes sont assez simples à reconnaitre et se combinent :

  • Tristesse anormale ;
  • Diminution marquée du désir et du plaisir ;
  • Perte ou prise de poids significatives (+/- 3 Kg) associés à des modifications de l’appétit ;
  • Réduction ou excès de sommeil (insomnie ou hypersomnie) ;
  • Agitation ou au contraire ralentissement de la pensée et des actes qui deviennent plus rares, plus difficiles, plus pénibles ;
  • Fatigue importante, perte d’énergie vitale, perte de la motivation ;
  • Sentiment de dévalorisation, de culpabilité excessive et/ ou inhabituelle. « sensation » de perte d’estime et de confiance en soi » ;
  • Diminution de la capacité de penser, de se concentrer, de mémoriser. On parle d’altérations cognitives ;
  • Pensée récurrente et parfois envahissante de mort ;
  • Réduction pénible de la Libido.

Certains éléments se retrouvent également avec une grande fréquence, faisant parfois errer le diagnostic, comme des douleurs multiples et variées, d’allure physique, mais pour lesquelles on ne retrouve aucune explication objective.

  • Enfin, l’anxiété est très fréquemment présente, accentuant le ressenti pénible et douloureux de cet état.

 

Les risques liés à la dépression

Les risques de cette affection ne sont pas anodins ni négligeables. Au maximum, le risque est vital, par l’entremise de passage à l’acte suicidaire, représentant en France environ 12 000 décès chaque année.

Les risques concernent par ailleurs un accroissement du risque d’affections médicales diverses (cardiaques, néoplasiques), mais aussi, dans un modèle élargie, des incidences négatives sociales, économiques et financières très importante.

On considère en effet que la dépression représente environ 1% du PIB des pays industrialisés, en terme de dépenses de santé et représente la deuxième cause de dépenses mondiales de santé (Source OMS).

 

Pronostic

Si le pronostic est globalement favorable (environ 85% de guérison), celu-cii est péjoré aux deux extrêmes de la vie.

Sans surprise, il est habituel de considérer que le pronostic est variable selon le niveau socio-économique (meilleur chez les personnes ayant un niveau social favorable) et par la qualité de l’entourage affectif (marital et/ou familial). Il s’agit d’une maladie affective !

 

Evolution

L’évolution de cette maladie est heureusement le plus souvent favorable, avec environ 80-90% de guérison, souvent spontanée mais très lentement, sur environ 6 mois.

Cette guérison est accélérée par la prise en charge médicale, qui diminue par ailleurs le risque de rechute et de récidive (qui je vous le rappelle est fréquente).

 

Traitement

Les traitements ont aujourd’hui fait largement la preuve de leurs intérêts, toutes formes dépressives confondues.

La prise en charge s’articule autour de deux axes thérapeutiques associés, combinés au mieux pour obtenir les meilleurs résultats.

Un axe médicamenteux et un axe psychologique, psychothérapique :

  • Les médicaments antidépresseurs feront l’objet d’un article séparé, mais d’ors et déjà, il est nécessaire de les comprendre comme indispensables au traitement de la dépression.
  • Le travail psychologique est également une nécessité, pouvant être réalisé par un médecin, ou un psychologue, en articulation avec le traitement médicamenteux.

Les durées de traitements sont toujours longues, ce qui fait des dépressions des maladies chroniques, généralement au-delà de 6 mois de traitement, habituellement entre 6 et 12 mois de traitement selon le type de dépression, l’évolution sous traitement, le contexte social, affectif….

Il est nécessaire de ne pas avoir une vision figée du traitement de la dépression, chaque cas étant particulier, même si l’architecture générale du traitement est assez univoque.

La prise en charge thérapeutique peut être parfaitement réalisée par un médecin généraliste, aidé par d’autres professionnels le cas échéant.

L’hospitalisation sera réservée au cas les plus aigus et les plus sévères, toujours en milieu spécialisé, c’est çà dire psychiatrique.

 

Sources

OMS Octobre 2012

 

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