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Rachis lombaire lombalgie commune miniatureMise au point 2016

Nous traiterons essentiellement dans cet exposé les lombalgies communes c’est-à-dire : d’origine fonctionnelle (sans cause organique).

Nous exclurons avec le plus grand soin, par l’interrogatoire, les investigations cliniques et paracliniques nécessaires (radiographie / biologie) : l’absence d’un diagnostic différentiel pouvant être responsable d’une symptomatologie similaire au début, c’est-à-dire les lombalgies symptomatiques (révélatrices d’une autre maladie), sortant du cadre du traitement par mésothérapie : origine tumorale, infectieuse, rhumatismale inflammatoire, malformation congénitale, hernie discale (compressive, symptomatique).

 

Examen clinique spécifique en mésothérapie

Nous rappellerons ici l’examen en décubitus ventral : l’examen clinique spécifique en mésothérapie.

L’examen est réalisé patient allongé sur le ventre, coudes sur la table d’examen, mains croisées devant la tête.

Cet examen recherche ici classiquement des points de souffrance segmentaire, décrit dans la S.I.D. (souffrance intervertébrale dégénérative), selon la sémiologie objective systématisée du rachis (S.O.S).

Des douleurs abarticulaires vertébrales réveillées à la pression palpation digitale au niveau :

  • du point médian (0) interépineux : Ligamentite du ligament inter-épineux ;
  • à 1,5 cm de la ligne médiane : arthropathie de l’articulaire postérieure ;
  • à 5 et 8 cm de la ligne médiane : Tendino-myalgies latéro-vertébrales (muscles : grand dorsal / épiépineux / sacro-lombaire / long dorsal).

Rachis lombaire lombalgie commune

Douleurs abarticulaires vertébrales

 

Des cellulalgies ou dermoneurodystrophies locorégionales réveillées au palper rouler :

Elles constituent des dermalgies dont la consistance spongieuse, épaisse et douloureuse est parfois remplacée par un aspect nodulaire, filamenteux ou cartonné et scléreux.

Il s’agit de douleurs dites référées de type I : les lésions arthro-ligamentaires et disco-vertébrales se manifestent par des influx nociceptifs véhiculés dans la corne postérieure ou racine dorsale de la moelle épinière, au niveau de la couche V (intraspinale), zone de convergence de neurones, entraînant donc des douleurs projetées pseudo-métamériques, à distance, dans le dermatome (Cellulalgies). Elles  témoignent pour l’appareil neuro-articulaire de la souffrance de tout un segment mobile neurophysiologique ou d’un plexus et pas seulement d’une lésion radiculaire.

Dans la sémiologie de la lombalgie commune, il convient aussi de différentier le modèle de la Souffrance Intervertébrale Dégénérative (S.I.D) de Mrejen, du Dérangement intervertébral mineur (D.I.M) décrit par Maigne (dysfonction mécanique primitive au niveau des articulations articulaires postérieures), surtout sur les points suivants : douleur à la pression postéro-antérieure et douleur réveillée à la pression latérale de l’épineuse de la vertèbre du segment lésé (la pression est douloureuse dans un sens et indolore dans l’autre). Dans ce cas, le patient sera plutôt orienté, dans un premier temps, vers un traitement par manipulation vertébrale.

Des douleurs irradiées : classiques, sciatalgies ou cruralgies

  • La technique d’injection méso, dépendra du type de douleur.
  • La peau sera largement désinfectée avec de la chlorexidine (Biseptine).
  • Le médecin portera des gants en latex.

 

Produits utilisés (A.M.M injectable)

  • MESOCAINE 1% : pour son effet non seulement antalgique, mais aussi vectoriel. Mélangée aux autres produits, elle en potentialise la diffusion et ainsi l’efficacité.
  • PIROXICAM 20 mg : pour son effet anti-inflammatoire.
  • THIOCOLCHICOSIDE : pour son effet myorelaxant.
  • CALCITONINE 100 U :
    • Pour son action antalgique puissante, par son action périphérique sur le flux du calcium à travers la membrane neuronale, et son action centrale, en augmentant les bêta endorphines.
    • Pour son action vasomotrice et anti-inflammatoire sur les tissus mous, notamment par inhibition de la synthèse des prostaglandines.
  • ETAMSYLATE : anti-œdémateux, décongestionnant, draineur.

 

Mélanges utilisés (pas plus de 3 produits)

Seringue 1 :

  1. Dans les formes aiguës : MESOCAINE + PIROXICAM + ETAMSYLATE.
  2. Dans les formes suraiguës, complexes ou rebelles : MESOCAINE + PIROXICAM + CALCITONINE.

Seringue 2 :

  1. Pour les zones de contractures musculaires pures, une deuxième seringue est possible avec : MESOCAINE + THIOCOLCHICOSIDE + MAGNESIUM.

 

Techniques et profondeurs d’injection (manuelles ou mécaniques en fonction des habitudes de l’opérateur)

La mésothérapie ponctuelle systématisée (M.P.S / MREJEN)

Pour le rachis elle se fait en injections hypodermiques de 10 mm de profondeur, avec une aiguille de 13 mm de longueur et de 0,30 mm de diamètre, la peau pouvant faire l’objet  d’un pli au niveau du point d’injection, l’aiguille étant enfoncée quasi perpendiculairement à la peau.

La mésothérapie intra-épidermique (I.E.D / PERRIN)

Cette technique est un procédé d’injections loco-régionales, non douloureuses et non sanglantes, à environ 1 mm de profondeur. Elle se pratique également avec une aiguille de 13 mm et de 0,30 mm de diamètre appliquée tangentiellement à la peau, biseau tourné vers le ciel.

L’intradermique superficielle (I.D.S)

La profondeur des injections se situe à environ 2 à 3 mm de profondeur, dans le derme. Elle se pratique avec une aiguille de 4 mm de longueur et de 0.35 mm de diamètre, le biseau de l’aiguille vers le bas, avec un angle de l’aiguille et de la seringue de 45°à 60° par rapport à la peau.

Technique mixte

Utilisation de deux techniques successivement lors d’une même séance :

  • M.P.S à 10 mm de profondeur pour les souffrances ponctuelles « profondes » et circonscrites.
  • I.E.D ou I.D.S pour les souffrances « superficielles » et diffuses (Cellulalgies et radiculalgies).

 

Points d’injections

  • Piquer en M.P.S sur (seringue 1) :
    • Les points de la S.I.D : 0 – 1,5 – 5 et 8 cm (Examen clinique méso).
    • De plus, il est important de chercher aussi pour les piquer les points de convergence neuro-tendino-musculaires ou points plexiques au niveau lombaire :
      • Les points plexiques S1 : en regard du premier trou sacré.
      • Les points de crête : en regard du rebord postérieur de la crête iliaque.
      • Les points plexiques lombaires de « Lavignoles » : 1 cm latéralement des apophyses épineuses des première et deuxième vertèbres lombaires.
      • Possibilité de piquer aussi en M.P.S un point déclenchant une douleur élective à la palpation et signalé par le patient, au sein d’une zone de douleur projetée (ex : fessière, trochanter).
    • Toujours vérifier également : l’absence ou la présence d’un conflit de charnière thoraco-lombaire. (Points douloureux en D12 – L1.).
  • Piquer en I.E.D sur :
    • Les zones de cellulalgies ou dermoneurodystrophies (Seringue 1).
    • Les zones de contractures musculaires (cordons musculaires indurés) (Seringue 2).
  • En I.E.D ou I.D.S sur :
    • Les trajets des douleurs irradiées (Seringue 1).

 

Rythme des séances

Première séance à J0 :

  • Lors de la première consultation, en crise aiguë.
  • Prescription éventuellement : paracétamol et myorelaxant per os, en complément, en début de traitement (pas d’A.I.N.S pas d’I.P.P).
  • Eventuellement arrêt de travail, de courte durée, en fonction de la profession.

Deuxième séance : 48 à 72 H après la première séance.

Troisième séance : J8

  • En général le patient a déjà bien diminué voir arrêté de lui-même les médications per os.
  • Possibilité de débuter ici une rééducation posturale, étirements des chaînes musculaires postérieures, et musculation de la chaîne antérieure (sangle abdominale), par kinésithérapie.

Quatrième séance : J15

Cinquième séance : J 30 = Bilan

  • Evaluer l’efficacité du traitement par mésothérapie :
    • Guérison -> bien expliquer aux patients de ne pas attendre que ça se passe pour revenir consulter, en cas de recrudescence, aiguë ou même progressive de la douleur : «  plus le traitement interviendra tôt par rapport à l’apparition des premiers symptômes plus il sera rapidement efficace ».
    • Amélioration partielle -> Possibilité de se donner un peu de recul et de revoir le patient à 30 jours, en ré-insistant sur les traitements associés.
    • Pas ou peu d’amélioration -> Remise en cause du diagnostic, reprendre l’interrogatoire et l’examen clinique, prescription d’examens complémentaires.

 

Importance des traitements associés = traitements préventifs : Prévenir les récidives

  • Le repos au lit ne doit plus être prescrit, les activités normales de la vie doivent être maintenues dans les limites de tolérance de la douleur. La reprise du travail n’a pas d’effet délétère et doit être le plus précoce possible.
  • Activité physique régulière.
  • Lutte contre la surcharge pondérale / bonne hygiène de vie.
  • Kinésithérapie.
  • Correction d’un trouble statique, recherche d’un défaut d’axe : déséquilibre du bassin, attitude scoliotique, inégalité de longueur des membres inférieurs, problème de voûte plantaire.
    • => Bilan de podologie -> port d’orthèses plantaires de corrections.
    • => Avis d’un confrère ostéopathe.
  • Prise en charge globale du patient face à sa douleur : savoir détecter une influence de la douleur sur le psychisme du patient par l’écoute, et ainsi prendre les mesures adéquates (traitement antidépresseur à dose filée, de courte durée, psychothérapie : rassurer le patient), afin de diminuer le risque d’évolution de la lombalgie vers la chronicité.

 

La souffrance rachidienne aigue peut donc générer des douleurs du ligament inter-épineux, du ligament commun postérieur, des articulations inter articulaires postérieures, des tendinomyalgies latérovertébrales, des ligamentites, capsulites, névrites… Ce qui explique la pertinence de la Sémiologie Objective Systématisée, qui relève exclusivement d’un traitement médical : notamment la Mésothérapie. Elle apporte un soulagement rapide et durable de la douleur grâce à l’utilisation d’une technique mixte. Avec une très bonne tolérance clinique du traitement, elle évite l’augmentation du nombre de médicaments sur l’ordonnance, le risque d’interaction médicamenteuse et d’effets secondaires.

 

A lire aussi

 

Sources

1) Evaluation d’un Traitement par Mésothérapie des douleurs rachidiennes chroniques d’origine arthrosique, à propos de 10 cas » Mémoire de DIU de Mésothérapie, Dr. Benoit Labenne – Faculté de Médecine de la Pitié Salpétrière – Paris VI.

2) Dr. P. Marijnen, Dr. D. Mrejen : Mésothérapie et / ou vertébrothérapie dans le traitement des lombalgies communes : aide à la décision. Edition S.F.M. / C.E.R.M. Champagne et C.E.R.M. île de France.

3)  La mésothérapie dans le traitement des douleurs projetées de la pathologie dégénérative du rachis. PR. M. De Seze et B. Lavignolle, Dr. A. De Boysson, M. Fourquet, Y. Jeanmaire, F.X. Roch : Communication du premier congres National de la société française de mésothérapie / Paris Mars 2003.

4) Enquête pilote concernant des lombalgies communes d’origine articulaire postérieure, traitées par infiltration ou mésothérapie dans un centre de la douleur de 1999 à      2000 (Hôpital Lariboisiere / Paris) – 40 patients. Dr. D. Mrejen : Communication du premier Congrès National de la société française de mésothérapie / Paris Mars 2003.

5) Dr. Didier Mrejen : « La Mésothérapie Ponctuelle Systématisée » Collection     Alternatives Thérapeutiques-Médifusion, Paris 1987.

6) Maigne R. « Diagnostic et traitement des douleurs communes d’origine rachidienne – Une nouvelle approche ». Expansion scientifique française, Paris 1989.

7) Theron j. « Lombosciatique commune : conception mixte : disque, articulaires postérieures, structures ligamentaires : déductions thérapeutiques » Communication au VII° Congrès international de Mésothérapie, Bordeaux, 1995,220-224.

8) Etude Randomisée de la mésothérapie dans les lombalgies aiguës. B.Lavignolle, M. de Sèze, M.Fourquet, A.L. Kopp-Zimban, B.Fongaufier. 3eme Congres National de la Société Française De mésothérapie. 26-27 Nov. 2005, Paris Porte de Bagnolet.

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